En 2004, deux américains partent à Bagdad à l'arrache et se retrouvent à bosser pour la CPA, l'administration américaine en Irak. Le style est clairement gonzo, ils boivent des cocktails au valium pour se calmer, l'ensemble donnant une sorte de description de l'occupation "de l'intérieur". Les journalistes véreux du Sinclair Group et leur émission "good news from Irak", les entreprises de mercenaires et leurs exactions, mais surtout les catastrophiques dysfonctionnements de la CPA. J'ai par exemple découvert les proprement kafakïens "bremer orders" (du nom de Paul Bremer, qui dirige l'occupation), sorte d'édits répressifs imposés unilatéralement et régissant la société irakienne.La dénonciation en règle de l'occupation américaine apparaît parfois un peu naïve pour un lecteur européen mais reste suffisamment féroce et surtout personnalisée, avec les noms des coupables, les firmes qui les embauchent et de salvateurs portraits d'un certains nombre de ces criminels en habit de camouflage "désert".
Au milieu de ce carnage des héros apparaissent. Ils sont décris sans complaisance et malgré - ou à cause de - cette forme de nationalisme propre aux américains, apportent à cette triste histoire un melange d'humanisme et de rage, en tout cas une réelle part d'émotion.
Génial, on va être enfin tenu au courant, à la vitesse de la lumière...
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